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Lundi 06 Septembre 2010
Aujourd'hui Fleurs & Clémentine fête les Bertrand
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A MA MERE, POÊME D'AMOUR de Roger VIDAL

Je t'aime, mais il y a la gêne ! de étoile blanche de Auteur : JRP
Ma fleur qui m'apporte de Tite-chevrette
Le bateau ivre de Arthur RIMBAUD (1854-1891)
en fleurs, de Victor Hugo
Humeur de BRAYPHILIPPE
Noël de Theophile Gautier
Chanson d'automne de Paul Verlaine (1844-1896)
Le printemps jeune et bénévole de Emile Verhaeren (Belgique, 1855-1916)
Le temps des cerises de Jean-Baptiste Clément
A la Saint Valentin de Paul Verlaine
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LE POEME DU MOIS

Taches d'encre

deux lueurs incandescentes au pied de mon lit les yeux de mon chat * je ferme les yeux un parfum de femme je m’évanouis * découpée dans un clair de lune une sombre silhouette le hibou veille * le sexe d’un homme des draps défaits un oiseau mort * quelque part on ne sait où un feu crépite * une femme dispute son mari sur la nappe blanche deux fruits pourris * entre chien et loup une pluie de novembre à ma fenêtre des fantômes * lever du jour soleil et rosée la fleur ouvre un œil * une bougie ardente dans le crépuscule la luciole * des journées noires des nuits blanches une semaine moche * un soleil de plomb une lune de cire la toile d’un jour * c’est pleine lune dans le ventre des hommes une jungle de désirs * un grenier abandonné dans la poussière du jour une mouche * deux cœurs qui s'alanguissent un air d’accordéon et coule la Seine * passe une hirondelle en coup de vent une araignée tisse sa toile * à la barque des jours navigue le temps un crapaud croasse * une journée infernale sur l’autoroute une gueule de bois * jeux d’enfants dans une maison riante un oiseau dans sa cage * sentinelle de la terre bras tendus un arbre * c’est plein soleil dans le cœur des enfants une fanfare de cris * la glissade d’une mouette sur les ailes du vent le vol d’un ange * le cri d’un huard sur le quai un pêcheur le lac réfléchit * robes noires et chapeaux gris sous le grand tilleul un enterrement * un cahier d’écolier odeurs de craie et d’urinoir leçons de vie * sur la portée du vent dans le cerisier l’oiseau tresse son nid * au rouet des jours le grand manège de la vie le cirque est en ville * corps caressé un enfant sauvé des eaux la bonté d’une main * voiliers sur la mer au large des nuages qui s’en vont passent les saisons * un amant triste à sa fenêtre une femme une lune veuve d’étoiles * comme une promesse de fruit au gosier des jardins le suc amer des rêves * une étoile dans le ciel faisceau de lune une larme dans la mer * un amour fané fleur séchée un puits tari * un paysage féminin comme une eau de fontaine beau soleil de minuit * une fleur ouverte à la pluie comme une femme au dur désir de l’homme * l’oiseau tresse son nid l’araignée sa toile la femme sa laine * la valse lente des amours au bal triste de la vie la symphonie des désirs * un ciel inconsolable les nuages ont le cœur lourd il pleut à chaudes larmes * portes closes mains sans emprise sur la clef des songes * le poignard de la nuit lame argentée la peau du jour est lacérée * une neige vivante des papillons fous jardin d’émeraude * aux cils de la nuit suspendue comme une larme une étoile rose * un fracas de vitre à la fenêtre l’irruption d’un nouveau jour * perles d’eau bracelets d’azur soleils diamantés * des nuages en cortège chiffons d’azur on enterre le soleil * une fanfare dans la tête dans son cœur un poignard la folie * sur la rivière une brume montante comme une prière * sur le piano de ses dents la douce note d’une musique * la conscience comme un couteau regrets et remords les poubelles de l’âme * un prince dans la prairie crinière et croupe au vent le cheval * une tache rouge et provocante dans la basse-cour un roi le coq * le cadavre d’un jour enseveli sous la nuit minuit sonne * un pommier en fleurs le vol d’un papillon beau printemps * une vie agonise au bout du chemin un grand lit * vagabond céleste clown lunaire Charlot * une femme en colère bec et ongles le coq aussi * assemblée politique discussions et querelles un nid de guêpes * une fillette au soleil tapi dans l’ombre un homme-loup * un pont d’or dans le ciel peint de la main de Dieu un arc-en-ciel * volutes bleues lampe d’Aladin une fumée de cigarette * pluie et vent d’automne délesté de ses feuilles un arbre pleure * des lutins et des fées matin magique le poète est content * une odeur de café le feu dans l’âtre le bonheur * un enfant sourit chante l’oiseau, partie, ma peine ! * scène de ménage l’orage gronde vaisselles cassées * changer mon fusil d’épaule pour mieux viser l’endroit où je m’attends [* pornographie et violence partout la guerre le monde est immonde * dans les yeux de l’enfant le chant des oiseaux Dieu * le regard hagard d’un hangar blafard dans le brouillard * un goéland mourant seul en mer son chant lancinant * il neige sur ta vie ne prends pas froid tu as beaucoup vieilli * mon sourire édenté et le rire délavé de mes yeux pochés * au moulin des jours coule le temps au fil de mes amours * une mer offerte sur vagues d’or ourlées de laine * un astre d’or tombé du ciel un enfant * il pleut dans mon cœur souvenirs enneigés je suis hors-saison * des feuilles s’agitent et pourtant il n’y a point de vent * archipels et lagunes falaises et rochers écrins de la mer * passent les gens les choses et le temps ainsi va la vie * un mendiant en quête de joie une terrible exigence un enfant * un soleil menstrué sur des draps blancs l’ennui * un rayon de soleil dans la grisaille d’un dimanche le sourire de Mireille * hypnose et brouillard cigarette au bec un joueur de vidéo poker * rires comme diamants des soleils éclatés et des lunes rêveuses * rideau sur le jour rigoles et flaques d’eau il pleut sur la ville * sapins capuchonnés magie blanche une forêt l’hiver * une odeur de lavande dans une maison tranquille le tic-tac d’un horloge * un panache de fumée dessous un train filant son chemin * à la mort du jour les nuages font cortège aux funérailles du soleil * une ribambelle d’oiseaux sur les cordes du vent concert de printemps * la vie en panavision on se fait du cinéma pop-corn * au pied d’un lit où reposent deux corps repus le ronron d’un chat * ivre mort un homme titube sa vie bascule * l’amour est mort que c’est triste, Venise ne me quitte pas * toison d’or antre de mystère le sexe d’une femme * à la barre du jour le capitaine d’un grand navire Dieu * perdu son chemin le but de son voyage l’oiseau en cage * clopin-clopant ainsi va la vie cahin-caha * les plaisirs et les peines et passent les semaines la vie comme une rengaine * chants nocturnes au loin aubades à ma fenêtre la prière des oiseaux * un bateau de pêche amarré des nuages en partance la mer se calme * la beauté morose d’une rose à peine éclose * porteuse de joie et de désordre de grimaces et de rires une petite fille * haro sur le quotidien train-train tueur d’amour assassin des désirs * homme aux aguets à l’affût du bonheur j’avais vingt ans * un arbre qu’on abat chant plaintif dans la forêt le murmure d’un ruisseau * éclatement des rêves sur les rideaux du jour le soleil se lève * un ciel si haut qu’un oiseau s’est perdu bouffé par les nuages * changer mon fusil d’épaule pour mieux viser l’endroit où je m’attends * pornographie et violence partout la guerre le monde est immonde [*dans les yeux de l’enfant le chant des oiseaux Dieu * le regard hagard d’un hangar blafard dans le brouillard * un goéland mourant seul en mer son chant lancinant * il neige sur ta vie ne prends pas froid tu as beaucoup vieilli * au moulin des jours coule le temps au fil de mes amours * une mer offerte sur vagues d’or ourlées de laine * un astre d’or tombé du ciel un enfant * il pleut dans mon cœur souvenirs enneigés je suis hors-saison * archipels et lagunes falaises et rochers écrins de la mer * passent les gens les choses et le temps ainsi va la vie * un mendiant en quête de joie une terrible exigence un enfant * un soleil menstrué sur des draps blancs l’ennui * un rayon de soleil dans la grisaille d’un dimanche le sourire de Mireille * hypnose et brouillard cigarette au bec un joueur de vidéo poker * rires comme diamants des soleils éclatés et des lunes rêveuses * rideau sur le jour rigoles et flaques d’eau il pleut sur la ville * sapins capuchonnés magie blanche une forêt l’hiver * une odeur de lavande dans une maison tranquille le tic-tac d’un horloge * un panache de fumée dessous un train filant son chemin * à la mort du jour les nuages font cortège aux funérailles du soleil * une ribambelle d’oiseaux sur les cordes du vent concert de printemps * la vie en panavision on se fait du cinéma pop-corn * au pied d’un lit où reposent deux corps repus le ronron d’un chat * ivre mort un homme titube sa vie bascule * l’amour est mort que c’est triste, Venise ne me quitte pas * toison d’or antre de mystère le sexe d’une femme * perdu son chemin le but de son voyage l’oiseau en cage * clopin-clopant ainsi va la vie cahin-caha * les plaisirs et les peines et passent les semaines la vie comme une rengaine * chants nocturnes au loin aubades à ma fenêtre la prière des oiseaux * un bateau de pêche amarré des nuages en partance la mer se calme * la beauté morose d’une rose à peine éclose * porteuse de joie et de désordre de grimaces et de rires une petite fille * haro sur le quotidien train-train tueur d’amour assassin des désirs * homme aux aguets à l’affût du bonheur j’avais vingt ans * un arbre qu’on abat chant plaintif dans la forêt le murmure d’un ruisseau * éclatement des rêves sur les rideaux du jour le soleil se lève * un ciel si haut qu’un oiseau s’est perdu bouffé par les nuages * des épaules de géant la tête dans les nuages une montagne * au jardin d’Eden sous les buissons un vers dans la pomme * bretelles d’autoroute ville tentaculaire New-York * la tortue transporte sa maison l’homme son destin * visages livides la trace des songes fatigue de la nuit * une ribambelle d’oiseaux sur les cordes du vent concert d’été * la vie en panavision on se fait du cinéma pop corn * le mors aux dents le feu au cul la mort dans l’âme * perle d’eau au bord d’un cil un sillon sur la joue une larme * des yeux tristes délavés du sel de la vie un poisson mort * avec mon pote je fume du pote je capote * à l’affût un chasseur le fusil sur l’épaule seul le chevreuil le voit * il a seize ans toutes ses dents pas de tête * chicaneries dans les chaumières dans les rues des batailles un zoo la nuit * sur les traces du rêve l’oiseau du paradis pour la suite du monde * une toute petite fille fleur à peine éclose rosée du matin * terre indienne colonies française et anglaise Québec-Amérique * l’homme est bête songe le cheval il dit des âneries * un chien savant un oiseau qui parle la vache folle * des yeux de poisson mort la lèvre mégotière le fumeur alcoolo * toupie magique un tournesol la ballerine * trafiquants, proxénètes magouilleurs cravatés des rats d’égout * médailles à la poitrine soldat d’honneur mais jambe coupée * un prince ténébreux surgi de nulle part la nuit * la bouche goulue lèvres framboise une saveur de menthe * une tempête dans un verre d’eau le verre déborde * temps moderne la vie en zigzag en dents de scie * un croissant de lune perché dessus le berger des étoiles * perdue en mer une île flottante la Terre * oies sauvages et outardes nuée blanche et criarde une belle cocophonie * dans l’étang de tes yeux baigne l’astre de mon amour * dans un boisé un soulier abandonné enfant disparu * saltimbanques et funambules magie et féerie un cirque au soleil * maison hantée bal costumé la clef dans la porte * Bib Ben Londres Bing Bang * un clocher d’église noces et enterrements un village qui s’anime * maelstrôm tornades et ouragans le ciel est déchaîné * il pleut, bergère jolie pastourelle perle de pluie _______ PARTIE 2 * femme fatale dans l’ombre ou la lumière une toile d’araignée * comme la peine un homme crie pleure la Seine coule la vie * mémoire assassinée la chute du temps souvenirs oubliés une feuille morte * un capuchon dessous une tête d’ado out of this world * c’est pleine lune émoi sur la terre c’est plein soleil la nature est en joie * mordre dans la vie à pleines dents mais pour ma faim du miel ! * dans son manteau de fer ici dort sous le givre l’espoir vaincu d’hier il n’y a plus de rives * la rose saigne du baiser de la guêpe que le soleil tout aussitôt égorge * la jeunesse est un printemps l’âge adulte, l’été la vieillesse est un automne l’hiver, la mort * comme la peine un homme geint s’en va Hélène, dure la vie ! * la fleur séchée d’un amour fané deux cœurs en miettes sur les débris du monde * oiseaux morts sur la branche brisée fleurs séchées sur la nappe blanche * cul par-dessus tête la tête dans les nuages l’âme en peine le cœur en bandoulière * une tache de soleil dans les yeux dans ses cheveux des poussières d’or * une actualité carburante dernières nouvelles le monde est fou pense l’ermite * chorégraphie un ballet de cygnes une sauterie d’hirondelles une valse de canards * un loup affamé une biche sans défense cri dans la nuit un viol * les jours se suivent mercredi des cendres vendredi saint et ne se ressemblent pas * un peintre à son chevalet un écrivain à sa table un musicien à son piano Dieu est content * la promesse de l’ange sauveur de l’humanité (peut-être !) un enfant dans son berceau * pornographie laideur du diable érotisme beauté de l’ange * un jeune ambitieux dans un nouvel emploi parfumé, cravaté le loup dans la bergerie * quelques notes de musique des mots qui les habillent une voix qui les porte une chanson * les larmes du printemps les feux de l’été les sanglots de l’automne les glaçons de l’hiver * Épitaphe il a brûlé sa vie par les deux bouts paix à ses cendres PARTIE 3 * qui va là personne pourtant on entend des pas * il dort à poings fermés les yeux ouverts un psychopathe dans son cachot * l’oiseau triste (c’est moi !) l’automne venu d’avoir à déserter son nid PARTIE 4 * amours et amitiés travail et souffrances parents, enfants inquiétudes et plaisirs dettes et soucis projets et souvenirs voyages et rêveries folies et dérapages des rires et des larmes des joies et des peines bilan d’une vie * le temps usé à polir le bronze des rêves et sur l’éclat d’acier des siècles infinis le doux ensablement des songes le lent enrouillement des jours le long encercueillement des hommes * ombre chinoise sur un mur reflets magiques d’une silhouette découpée toute en noir sur fond de lumière d’une femme grillant une cigarette dont les volutes esquissent des lambeaux de nuages taches d’encre sur un écran impalpable NOUVELLES TACHES D’ENCRE PARTIE 1 * jardins d’enfants un ruisseau de rires * ailes d’hirondelles sur le clavier du vent les mains du pianiste * tant de pluie sur mon cœur un ciel inconsolable * cendres bleues mégot dans la nuit un rêve mal éteint * vents inquiets fleurs tourmentées absence de soleil * tendresses anciennes défuntes amours du lait caillé * les frissons de la chair démon du midi la queue entre les jambes * un mât dans le ciel des nuages bas le clocher d’une église * canicule chauds les lapins popsicles * dans la forêt un bûcheron à genoux * paix sur la terre la douceur descend il neige * un ver dans la pomme entre la chair et l’os le cancer * silence dans la salle un ange passe * perdu en mer le vaisseau d’eau de mon enfance * flonflon des jours ronron des nuits la vie en sourdine * éclaboussures d’or dans la poussière du chemin * un soleil de minuit solstice d’hier le désert refleurit * l’océane langueur des oiseaux désailés la peur d’être au monde * dans les cheveux du vent quand tombe la pluie je vois des diamants * la patiente besogne de vieillir le silence de nos mains * beau soleil jolies femmes envie d’une bière * framboise et myrtille jolis fruits les seins de ma femme * aux cils d’une fleur une larme suspendue goutte d’opr * un soulier oublié embourbé le carosse pauvre Cendillon * estuaire ouverture sur le monde le ventre d’une femme * dans le lac de tes bras pêcher la tendresse pour refaire surface * chouette mouette au-dessus d’une goélette * un ruisseau frétillant de toutes ses truites un pêcheur endormi * à Félix bâtir un village une famille à fonder notre sentier * une vieille pomme toute ridée la lune * illusions perdues une lampe est éteinte * au silence des choses répond toujours le bruit des hommes * le manteau de la nuit les pyjamas de l’aube les maquillages du ciel * entre deux nuages blancs la silhouette d’un ange bleu * un bouton d’or cousu dans le manteau noir de la nuit, une étoile PARTIE 2 * déjeuner sur l’herbe un soleil orangeade goûter du soir une lune citronnelle * des cathédrales au fond de mon verre des poissons d’or des astres morts * une fleur ouverte à la pluie comme une femme au dur désir de l’homme * il y a une larme dans ma bière je pleure pour toi ma chérie * vole l’oiseau nage le poisson et l’homme titube étranger sur la terre * un ciel si haut et nous si bas * une demi-lune le ventre d’une femme enceinte une aube à venir * dans l’âtre rustique des étreintes anciennes chatoie le feu doux des vieilles amours * un enfant content son père est là batte de baseball à la main * ventru, pansu jaune et rond comme la lune un pamplemousse * des bleus au cœur une âme qui s’élève langueurs et bonheur un air de jazz * toute la bonté du monde dans le regard du cheval et dans celui de mon chien toute l’amitié * un mort souriant dans sa bière devant des mines patibulaires * le ciel est sans fenêtre mais non sans lumière et la mer chante bien qu’elle soit sans voix PARTIE 3 * quand Loreli est là il fait soleil même la nuit les neiges fondent en Alaska chaque heure du jour marque midi * la quête d’une île par-delà un plat pays Amsterdam et Paris Les Marquises * mon cerf-volant fait à sa tête il a conquis le firmament il fait la nique à la planète * grands boulevards rues étroites café-terrasses klaxons et vitupérances bouches de métro fourmilière bourdonnante monuments grands jardins étangs Montmartre, Pigalle une ville en quartiers la Seine au milieu un ciel bas le jour la nuit, une féerie lumineuse Paris qui se travestit on s’y promène on y rêve on s’y égare Paris * désenchantement des œufs pochés des rôtis brûlés le café amer triste matin * taches d’encre sur fond d’écran rose des nuages s tout effilochés porteurs d’eau épuisés * la main dans le sac un voleur fait comme un rat à bout de souffle le fugitif mort à bout portant * ruelle de mon enfance sale et malodorante hangars fantômes jardins clos galeries de bois escaliers en colimaçon mon far-west * aigle planant haut dans le ciel trouant l’espace un cerf-volant * un rire d’enfant me fait chanter et m’enchante aussi la musique du vent dans les harpes des arbres * voir un ami pleurer ma mère est morte mon enfant est malade notre impuissance Glanures * dans la gueule du loup le chaperon rouge derrière un miroir brisé Alice * frivole comme cigale rose fragile une ado de quinze ans * à pas de loup la marche lente de la vie la mort au bout * à Félix pieds nus dans l’aube fleurs aux dents le fou de l’île * papotages dans l’air ambiant je m’ennuie envie de bâiller * larmes de cire aux lueurs jaunâtres une chandelle * un chapelet d’îles rubis sur mer la Polynésie * accalmie et tempête la barque des jours à marée basse, à marée haute * avoir seize ans rien dans les poches la vie devant soi * pisser dans les étoiles et par dégoût cracher sa dernière dent * à Félix le fou de l’île s’est pendu au village on ne rit plus * vie de débauche ou d’extorsions remords et regrets le poignard de la conscience * partir à bord d’un train imaginaire sur des voies lacées * pleurer à en perdre les yeux et puis chanter à en perdre la voix * à pleines dents sourire et à pleines mains donner * il est moche elle est laide leur enfant est un chérubin * le sang est rouge blanche est la beauté misère noire * poésie et musique femmes et bonne chère les beaux plaisirs * chicaneries et sparages familles dysfonctionnelles le bordel * c’est l’été il fait soleil mais il pleut quand même * un papier-mouchoir soie et dentelles vivement bariolées un papillon * pluie d’oiseaux tombés morts acidulés * poudre aux yeux un cocaïnomane neige-t’il ? * serpent d’eau perles d’écume une rivière * maison abandonnée toit crochu, murs lézardés une lampe à la fenêtre * dans la main d’Ève la pomme d’Adam le fruit n’était pas mûr * morte la fillette à l’orée d’un bois une poupée dans les bras * insecticides pluies acides une bombe dans mon jardin * ainsi va toute vie en un combat douteux quand l’enfant paraît * coquelicot à l’orée de la forêt le Chaperon rouge * dessous la terre plus de morts que de vivants dessus * clarté lunaire dans le brouillard un lampadaire * la beauté du jour la douceur du soir la splendeur de la nuit * nostalgie paradis perdu le bleu à l’âme * un gros bêta qui ne ferait pas de mal à une mouche l’éléphant * clarté lunaire dans le brouillard un lampadaire ----------------------------------------- Souvenirs de jeunesse * 1939-200… le temps d’une paix dans l’attente d’une autre guerre mondiale * premières journées d’école j’ai six ans me voilà orphelin je pleure * les premières peurs les soirs d’orage le Bonhomme Sept-heures * morve au nez les pieds glacés chandail tricolore affichant le numéro 9 sur la patinoire de l’école je suis le roi du monde * les premières joies un train électrique la pêche d’une truite un baiser volé à la voisine * joie d’enfant l’aventure au bout de la rue ma première bicyclette * sur la corde à linge la petite culotte rose de ma voisine première branlette * la morte a seize ans dans le cercueil une pétale de fleur * mes premières découvertes le Petit prince Mon oncle (le film) le magazine Playboy * flirts et amourettes Lorraine, Annette, Denise Diane, Monique, Nicole mes libellules * Coups de foudre pour Félix Leclerc Brel, Brassens, Ferré Jacques Prévert Saint-Ex, Pagnol Sergio Leone Tintin et Walt Disney chansons et cinéma poésie et théâtre un autre univers à ma portée * Hier encore j’avais vingt ans toutes mes dents un cœur neuf les mains blanches Aujourd’hui je n’ai plus d’âge pas de dents un cœur usé les mains tremblantes

BERTHIAUME René
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