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LE POEME DU MOIS
A MA MERE, POÊME D'AMOUR
A MA MERE, POÊME D'AMOUR
Quand le silence se fait en moi, je rêve, Images si ténues, qu'elles montent jusqu'au ciel, Peut-être es-tu là - bas où le jour se lève, Peut-être ajoutes-tu des tons à l'arc-en-ciel. J’ai reconnu la nuit, à la vie qui s’endort Comme dans la chanson, l’enfant désespéré, Cherchait tes yeux, au ciel, dans les poussières d'or Mais ce soir là tu sais, les étoiles pleuraient. Alors j'ai accompli les gestes de la vie, Comme aller acheter notre gaz chez Julien, Ou brancher la télé qui a si peu servi, Saluer les voisins, renouer les liens. Les mots de tous les jours, je les ai récité, J'ai tout ouvert en grand afin que l'air circule, J'ai remis l'eau courante et l'électricité, Posé la moustiquaire, remonté la pendule. J'ai réapprivoisé les choses, une à une, Ta boite de couture, la glace du couloir, La chaise bancale, la bouteille de prunes, J'ai réveillé enfin, la maison, sans vouloir. J'ai revu le grenier, avec mes yeux d’enfant, Tu as laissé pour nous, tes cahiers de chansons Des vestes de velours, les jouets des enfants, Des cartes éparpillées, des laines à foison. J'ai entendu la pluie qui tombait sur le toit, J'ai mis des seaux dessous, tout comme au bon vieux temps Alors, j'ai cru entendre quelques mots de patois, Prononcés, je crois, il y a très longtemps. J'ai retrouvé la vie, au rythme du village, Une cloche, un klaxon, une paix infinie, Des vaches qui vont paître aux prés du barrage, Des hirondelles en fête, arrondissant leur nid. J'ai retrouvé la vie, au quotidien banal, Jusqu'à la garrigue, j'ai couru dans les rues, Cherché des champignons dans les prés du canal, Désherbé la tombe de nos chers disparus. J'ai humé l'odeur humide de la terre, Revu l'endroit précis où j'ai cueilli souvent Des narcisses odorants pour la fête des mères, Il m'a semblé que tu chantais avec le vent. J'ai fait craquer, sous mes pieds, les feuilles mortes, Au chemin du retour, j'ai marché lentement, Dans la cour déjà, sur le pas de la porte, La maison rayonnait de ta chaleur, maman. Sur des photos jaunies, j'ai rêvé longuement, Jules VERNE, DELLY, tes rois et mes corsaires, J'ai relu doucement, le poème 'A maman', Que j'avais écrit pour ton anniversaire. J'ai appris, à tâtons, ton monde familier, Les miettes aux oiseaux, les mots croisés, les livres, Et par cet univers, enfin réconcilié, Je t’ai senti, en moi, renaître et revivre . Roger VIDAL
Roger VIDAL
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